Lettre a monsieur le gendarme de Loches

Lettre a monsieur le gendarme de Loches

Bonjour Monsieur,

Vous voyez, j’ai la délicatesse de vous appeler « Monsieur » et de ne pas citer votre nom.

Vous trouverez dans cette page du Site « lavoiedessansvoix.fr » une vidéo par laquelle un citoyen, calme, posé, intelligent et humain s’adresse aux « forces de l’ordre en général, et donc à vous-même qui êtes un membre de celles-ci.

Je ne vais pas redire ce que cet homme dit, mais vous exposer mon propre discours et ma manière de penser à moi. Voyez-vous Monsieur, nous ne sommes pas « des bouffeurs de gendarmes ». Nous sommes tout simplement de braves et pacifiques gens. Pour autant nous ne sommes pas non plus des moutons ni des êtres mineurs, nous sommes des citoyens pleins et entiers jaloux de leur libre arbitre et de leurs libertés, et prêts à les défendre vaillamment.

Nous savons la place et le crédit habituel dont bénéficient les gendarmes dans notre espace rural. Nous savons la confiance que vous accorde majoritairement les populations, votre place dans la lutte contre la criminalité et pour le respect des règles de la vie sociale. Tant que vous vous en tenez à ces rôles et places, nous n’avons pour vous que des sympathies.

Mais la vie sociale c’est aussi la vie politique et démocratique. Il n’y a pas de vie démocratique possible sans le respect de la liberté de la presse, de la liberté d’association, de la liberté de pensée de culte et d’expression, de la liberté de réunion et de manifestation, et même de cette liberté sacrée qu’instituait la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1793 qui est celle du droit d’insurrection contre l’oppression.

Chargée de veiller à l’application des lois, la gendarmerie ne devrait-elle pas avoir pour mission de veiller avant toute chose au respect et à la garantie des libertés fondamentales et imprescriptibles, dont notre République se targue d’être l’inventrice ? Et si c’était le cas vous protégeriez nos manifestations actuelles contre la « tyrannie sanitariste » plutôt que de nous chercher chicane et de tenter d’entraver notre droit d’expression.

Nous chantions et dansions, citoyens du Lochois et musiciens la chanson d’HK, dans le centre-ville sur les emprises du marché. Avertis probablement par quelque sycophante rappelant les plus sombres heures de notre Histoire, vous étiez là, rendus au rendez-vous avant nous. Avez-vous songé alors Monsieur le gendarme que le (ou la) citoyen zélé qui vous a informé vous faisait une insulte en s’adressant à vous comme ses aïeux s’adressaient à la « Gestapo ». Réalisant à présent, grâce à moi l’infamie de cette situation, je ne doute pas Monsieur le Gendarme, que vous aurez à cœur une prochaine fois d’envoyer au diable ses vilains corbeaux lorsqu’ils croasseront.

Nous chantions et dansions, donc disais-je, et vous êtes venu nous chercher noise, justifiant votre intervention par le non-respect du port de masque, ou autre chose. Vous avez fait mine de confisquer un instrument de musique. Vous avez brutalisé un homme en colère, on le serait à moins, et une autre personne, une dame discrète et qui elle portait pourtant le masque, et que vous avez plaquée au mur. La vérité de votre immixtion c’est que vous avez des consignes d’intervenir à des fins d’intimidation et de dissuasion. Faire peur à ce qui osent manifester, et dissuader d’autres de se joindre à eux.

C’est raté Monsieur le gendarme. Vous avez probablement déjà entendu parler du « syndrome de « Brive la Gaillarde » si joliment mis en scène par Georges Brassens : « Dès qu’il s’agit de rosser les cognes tout l’monde se réconcilie ». Certes là il ne s’agissait pas de rosser qui que ce soit, mais de tenir tête crânement, de ne pas se laisser intimider.de ne pas se plier aux injonctions de la force comme les moutons du troupeau obéissent aux chiens du berger. Et vous l’avez constaté, nous n’avons pas été intimidé par vous, nous vous avons fièrement « tenue la dragée haute » Et, magie de situation, comme à Brive la gaillarde des citoyens, dans la rue et aux fenêtres des immeubles, nous applaudissaient.
Alors certes pour ma part vous m’avez verbalisé pour « non port du masque », je vais bien sur contester cette contravention infligée en vertu de lois et de décrets iniques.

Le port du masque en population générale ne sert à rien, et en extérieur bien entendu encore moins, L’OMS elle-même s’est prononcé là-dessus. L’obligation du port du masque est une brimade et une humiliation, pour ne pas dire une torture, imposée au peuple. Ce dispositif sans fondements sanitaire ni logique relève de la seule volonté autoritariste des gouvernements. Nous voilà rendu sous le règne du roi Ubu. Mais lorsque les ordres et consignes sont ainsi attentatoires aux droits humains et aux libertés élémentaires (La liberté de respirer, pensez-donc), ne devrait-il pas être de votre devoir, de votre conscience tout au moins, non pas de participer à brimer les citoyens mais au contraire de leur venir en aide, de les défendre contre les abus des tyrans ?

C’est ce que vous dit la vidéo que j’ai inséré à cette page.

Si je m’adresse particulièrement à vous, monsieur le gendarme de Loches, c’est parce que dans l’après-midi de ce samedi même vous nous avez fait passer un message sur notre adresse « Gilets Jaunes et citoyens libres de Loches. »

Vous sollicitiez de nous que nous dépêchions à la gendarmerie, l’un d’entre nous « pouvant faire office de “contact privilégié », Samedi même ou DIMANCHE matin, quel empressement ? Afin écrivez-vous, de « caler les choses pour l’avenir et éviter toute dégradation de la situation » et vous ajoutez même « Au vu de la situation sanitaire, je ne recevrai qu’une personne. » (Quelle prudence ! C’est quoi donc, « la Peste ou le Choléra » ? « Ebola ou le Sida ? ». Non monsieur c’est le « corona virus », 0,05 % de léthalité.)

Mais où donc avez-vous la tête Monsieur le gendarme ? Qu’elle conception avez-vous de la société civile ? Croyez-vous que les citoyens soient des sujets mineurs et l’espace public celui d’une garderie ? Vous prendriez vous pour des chefs scouts ou des moniteurs de colonies de vacances ? L’exercice des libertés fondamentales ne se marchande pas, ne se négocie pas, ne sont pas sujet à entente préalable ni à un quelconque « calage » de quelque forme que ce soit avec « les forces de l’ordre ». Elles sont, et elles sont imprescriptibles même quand elles sont confisquées par un pouvoir fou, et votre devoir devrait-être d’en garantir tout simplement l’exercice plutôt que de vouloir vous assurer le contrôle, voire « le pilotage » des contestataires.

RDV dimanche matin à la gendarmerie, vous riez monsieur le gendarme. Et bien que nous ne soyons pas ce jour-là, occupés de la messe, vous devriez savoir que la plupart d’entre nous ne sont pas des enfants de chœur, nous ne nous « sommes pas rendus à Loches », à votre invitation.

Vous voulez éviter, c’est tout à votre honneur, que la situation se dégrade. Nous le préférerions nous aussi. Mais pour prévenir cela il n’y a nul besoin d’une concertation entre « un adulte référant » et vous. Il suffit de votre part d’une conduite toute simple que voilà :

La prochaine fois qu’un délateur vous importunera, ou si déambulant nonchalamment entre les étals du marché vous entendez notre jolie chanson de ralliement, vous obliquerez discrètement dans une autre rue, vous n’aurez rien vu ni rien entendu. Et si rencontrant un méchant citoyen hystérisé qui hurle « ils sont là ils sont là ! » vous ne pouvez plus faire semblant de ne pas nous voir, vous ferez en sorte d’arriver quand tout sera fini, que nous aurons remballé nos instruments, pour recueillir des citoyens joyeux et hilares les applaudissements qui nous sont destinés.

Bien cordialement à vous monsieur l’adjudant-chef.

Patrick Seignon. « lavoiedessansvoix.fr » Dimanche 25 avril 2021.

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